Buenos Aires Hoy
 

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PAGE ET RUBRIQUE "BUENOS AIRES HOY"
 
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I - "QUAND LES JEANS EFFRANGES OUVRENT LE BAL TANGO"
paru dans "La Nación", Buenos Aires

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Le tango de papa, c'est fini ! Dans les milongas de Buenos Aires se presse une foule bigarrée d'adolescents envoûtés par les accents nostalgiques du bandonéon. Une passion contagieuse et un nouvel art de vivre.

La fille, là, celle avec un anneau au nombril, en minijupe fluo et tee-shirt court, épaules nues, cheveux teints coupés à la garçonne. Une petite nymphe fatale, une héroïne de bande dessinée, un bout de femme de 18 ans, une pile électrique qui t'envoie une décharge au premier contact. Le monsieur de 65 ans pose la main bien à plat sur la peau jeune et veloutée de son épaule. Tout à l'heure, en retournant s'asseoir à sa table, il soupirera : "C'est une machine à danser. Dommage qu'elle porte cet anneau !"

Mais, pour l'instant, il danse comme si la fin du monde était proche, et, sur la piste du bal tango de Niño Bien [dans le quartier populaire de Constitución, à Buenos Aires], ce jeudi matin, il doit supporter le petit anneau et bien d'autres choses encore. Des garçons en pantalon de toile et chemise à fleurs, des femmes carnivores au décolleté plongeant, robes fendues, talons hauts, ventre à l'air orné d'un petit anneau. Ils font partie des nouveaux corps qui se déhanchent dans les milongas [sorte de tango au rythme plus rapide et, par extension, club de tango] de Buenos Aires, à côté des costumes empesés et des robes en lamé. Des corps qui viennent ici comme on va dans les boîtes techno les plus branchées. Ils ne croient pas à la nostalgie et n'ont pas la larme à l'oeil en écoutant Carlos Gardel [1890-1935, chanteur et compositeur argentin d'origine française dont les interprétations nostalgiques contribuèrent à populariser le tango dans le monde entier]. Ils dansent, dans les règles de l'art, mais ils s'amusent. "J'ai pris mon premier cours de tango il y a cinq ans, explique Gustavo Rosas, 33 ans, employé dans une entreprise. On entre par hasard et on n'en ressort plus jamais. Petit à petit, on laisse tomber d'autres choses. Les boîtes, le cinéma. Pendant les deux minutes que dure un tango, c'est exactement comme tomber amoureux."

Ils cherchent la femme, ils trouvent la danse Il y a huit ou neuf ans, c'était autre chose. Raúl Masciocchi, coiffé de son éternel béret et flottant dans ses pantalons trop larges, est aujourd'hui professeur de tango. Il a 36 ans, et il y a peu encore toute sa vie tournait autour de son groupe de funk et de jazz. Un jour, alors qu'il réglait la sonorisation, une prof de tango lui a demandé s'il voulait bien rester au cours, car elle manquait de cavaliers.

"Il y avait un tas de filles et, comme elles étaient mignonnes, j'ai aussitôt accepté. C'est comme ça que j'ai commencé. Et je me suis rendu compte que ça me plaisait, et pas seulement à cause des minijupes. Les copains du groupe n'en revenaient pas et croyaient que j'avais perdu la tête. Mais on trouve un tel plaisir à danser..."

Mercedes García Guevara est cinéaste. Elle réalise actuellement un long métrage sur le "tango jeune" provisoirement intitulé "Lointaine Buenos Aires". "J'ai commencé à aller dans les milongas avec une petite caméra vidéo, à la fin de l'année 2000. C'était une révélation, car, si on connaît bien le tango de spectacle, dans les milongas on danse un tango beaucoup plus intime. Il y a un mélange de classes sociales et d'âges très intéressant. C'était plein de jeunes. Des filles en jeans et en tennis qui dansaient avec des hommes d'âge mûr. Je ne soupçonnais pas que cela puisse exister. Du coup, je me suis inscrite dans un cours, car j'ai compris que, si je ne dansais pas, je ne comprendrais pas. Et il y a quelque chose qui m' a fait tomber amoureuse du tango, quelque chose qu'il est très difficile de comprendre si on ne danse pas. C'est devenu un vice. Maintenant, je vais danser trois fois par semaine. Il y a une part de rêve dans la milonga, un côté onirique qu'on ne retrouve nulle part ailleurs."

Ils sont jeunes et ils sont là, tous fous de tango, mais enfants d'une autre musique. Ils sont lycéens, étudiants, graphistes, médecins, anthropologues, photographes, et ils se laissent emporter dans cet univers où la seule chose qui compte c'est de danser et de savoir, par exemple, que, si une femme accepte de danser une série de cinq tangos, puis une autre série et encore une autre avec un cavalier qu'elle ne connaît pas, dans le langage codé de la milonga, cela en dit long, très long, cela dit tout.
Il est 22 h 30, ce vendredi soir. A La Viruta [dans le quartier chic de Belgrano, à Buenos Aires], des centaines de gens convergent vers la piste pour prendre leur cours. Luis Solana, associé et copropriétaire du lieu est acteur. Il a commencé à danser le tango en 1989, à 32 ans. "Ce genre d' endroit n'était pas très courant, à l'époque. On n'enseignait pas le tango dans les milongas. C'étaient des lieux fréquentés par des plus de 40 ans qui étaient réticents à ce que les jeunes apprennent." En 1994, avec Cecilia, sa cavalière de l'époque, il décide d'ouvrir un lieu pour les jeunes. Ce fut la première Viruta, dans la rue Oro [centre-ville]. Depuis, ils ont déménagé au Club arménien, où l'on enseigne non seulement le tango, mais aussi la salsa et le rock.

"C'était le premier lieu qui proposait aux jeunes une approche différente du tango, explique Luis Solanas. Aujourd'hui, il existe bien d'autres salles comme celle-ci, et ce sont des pépinières du tango qui méritent que l'on s' en occupe. Il faut aussi protéger ces gamins qui débutent, car c'est de ces salles que sortiront les nouveaux professeurs et les nouveaux danseurs. Le tango te prend aux tripes. Ici, la seule chose qui compte, c'est de savoir danser. Le tango n'est pas mélancolique. On s'amuse en dansant. La mystique nostalgique qui y est traditionnellement attachée n'intéresse plus personne, maintenant." Cecilia Troncoso a fait de la danse classique et contemporaine jusqu'à 21 ans, époque à laquelle elle a découvert le tango. Elle a maintenant 32 ans et est copropriétaire de La Viruta. "Avant, les rares jeunes qui apprenaient à danser le faisaient de façon empirique, comme ça venait. On se faisait malmener par les vieux et il fallait imiter. Personne n'enseignait la technique. Ici, ce qui marche ce sont les cours. Mais, si le tango est très à la mode, c'est aussi parce qu'il draine des jolies filles. Regarde comment elles s'habillent. Personne ne sort dans la rue comme ça." Oliver Kolker, 30 ans, est diplômé de gestion d'entreprise. Avant son premier cours de tango, en 1999, il passait ses soirées dans les boîtes de nuit de Buenos Aires. "J'en avais assez de cette ambiance hystérique, où il y a des filles superbes qu'on n'a pas le droit de toucher. Dans une milonga, on est ce que l'on danse. La fille la plus canon restera assise toute la soirée si elle ne sait pas danser." Tate et Mariángeles, Lucas et Mechi.

Tous les professeurs de La Viruta sont encore plus jeunes. Tate, 21 ans, danse depuis l'âge de 15 ans et sait que le bal tango fait mûrir prématurément. "J'ai connu ma première petite amie dans une milonga. Elle avait 25 ans, moi 16. On est resté ensemble deux ans. C'était merveilleux. Dans ce milieu, on grandit vite. Au début, j'étais à mille lieues de me douter que j'en ferais un métier. J'allais au bal du lundi au lundi, si bien que je n'arrivais plus à me lever pour aller au lycée. Et j'ai fini par quitter l'école pour la milonga. Je sortais en boîte depuis l'âge de 13 ans, mais, maintenant, dès je rentre dans une boîte, je repars en courant, car je ne ressens plus rien."

Les nouveaux danseurs et professeurs sont arrivés au tango par la danse classique, la danse contemporaine, le droit, le journalisme, le théâtre, le rock. Gustavo Naveira, économiste, a fait ses premiers pas de tango en 1981. Aujourd'hui, c'est un maître qui passe son temps à faire des tournées de danse à travers l'Europe et qui a créé un style de tango bien particulier. "Bien sûr, notre façon de danser est très différente du tango traditionnel, concède-t-il, mais la danse a beaucoup évolué aussi. Nous avons découvert une approche structurelle [plus technique], mais il ne s'agit pas pour autant d'une querelle entre les anciens et les modernes."

"Tout évolue, et le tango aussi", renchérit Fabián Salas, un ancien avocat devenu professeur de tango. "Et l'une des principales évolutions du tango tient à la femme. Les danseuses d'avant n'avaient pas la souplesse des femmes d'aujourd'hui, qui ont fait de la danse classique ou de la danse moderne. Sans ces femmes, nous n'aurions rien pu faire." Tout à l'heure, il ira se fondre avec sa partenaire Caroline dans le flot rouge et âcre de la piste. Cette piste où ils entrent tous dans une étrange transe. Incompréhensible pour celui qui regarde.

Buenos Aires reste la mecque du tango

Tout le monde vous le dira : le marché le plus porteur de ce produit si caractéristique des faubourgs de Buenos Aires est à l'étranger. Mais Buenos Aires reste La Mecque pour de nombreux étrangers qui choisissent d'apprendre à l'endroit même où tout a commencé. Tina Barth, 25 ans, a fait le voyage de Dublin pour un stage de deux semaines. C'était il y a deux ans. Elle n'est pas repartie. Elle a démissionné de son entreprise en Irlande et survit en donnant des cours d'anglais. Yoshie, 31 ans, vient d'Osaka, au Japon, où elle a pris son premier cours de tango il y a deux ans. Elle aussi a quitté la société d'importation pour laquelle elle travaillait et prend des cours, de façon obsessionnelle. Elena García Soto, 28 ans, vient de Monterrey [Mexique], où elle était avocate et avait son propre cabinet. Elle est venue passer un mois à Buenos Aires et, un an après, elle est toujours là. Alors qu'on dénombrait 27 bals tango à Buenos Aires en 2000, on en compte aujourd'hui plus d'une cinquantaine, et ce malgré la crise économique qui secoue le pays.

Il reste pourtant plus facile de trouver une milonga à Berlin (où il y en a 35) que dans la province argentine. A Madrid, à New York, en Californie, à Athènes, à Genève, à Rome, à Osaka, à Lisbonne et à São Paulo, les bals tango sont légion et ils s'appellent Barrio Tango, Las Morochas ou Belle Epoque...

A Buenos Aires, le bal tango est un ghetto sympathique. Un réduit réservé à un petit cénacle d'habitués qui trimballent leurs chaussures de bal dans des milongas qui ne sont annoncées par aucune affiche ou enseigne lumineuse. Ces bals sont organisés dans des clubs, des associations, des appartements privés, des caves, des sous-sols, et il y a même des bals itinérants, classiques, modernes, alternatifs, traditionnels, élégants, populaires, pour les jeunes, pour les vieux... Comme dans les circuits des fêtes techno, il faut savoir où et quand y aller. Personne ne se douterait, par exemple, qu'à un premier étage de la rue Sarmiento [centre], il y a La Catedral, la milonga la plus underground de Buenos Aires, où il faut aller le mardi soir.

Autre rendez-vous du circuit des bals tango pour les jeunes, le centre culturel Torquato Tasso. Ouvert depuis plus de six ans et dirigé par Hernán Greco et Fedérico Moya, son point fort tient depuis le début à la présence d 'orchestres, ce qui était rare en 1995. Aujourd'hui, on vient y écouter Los Reyes del Tango, Color Tango, le Sexteto Mayor, Alberto Castillo ou des tendances plus novatrices comme El Arranque ou La Chicana. Paula Rubin et Lucas Galera dansent ensemble depuis un an et sont les plus jeunes professeurs du Tasso. Elle a étudié le théâtre et est habilleuse de [la troupe théâtrale] De la Guarda. Lucas a commencé le tango à 10 ans. A 13 ans, il dansait dans le ballet de Copes et était le poulain de Pepito Avallenada, danseur de légende mort en 1995. Lucas danse, donne des cours, mais travaille aussi dans la quincaillerie de son père et, dans le cadre d' une association, prépare avec d'autres jeunes de son âge des petits déjeuners, des goûters et des repas pour 250 enfants défavorisés. "Quand j' ai commencé à danser, j'étais tout môme. Il y avait très peu de gamins à l' époque, et je dansais avec ma cousine, la seule cavalière de mon âge. Plus tard, en 1995, j'ai rejoint le circuit des jeunes. Mais c'est avec les vieux que j'ai appris."
Les deux partenaires sont très bien assortis. Elle, habituée à des disciplines académiques à des années-lumière du tango, et lui, qui, dès 15 ans, partait sillonner l'Italie avec ses chaussures de bal. Le style surgi de ce mélange est un tango traditionnel, picaresque, brillant. "Nous avons commencé à danser ensemble pour une question de taille, confie Paula en riant. Nous sommes petits tous les deux."

Dans un bar, à l'angle des rues Bodeo et Independencia [centre], Mauricio Castro affiche son plus beau sourire. "Ah, j'allais oublier, tiens..." dit-il en faisant glisser ses coordonnées sur la table : une serviette en papier sur laquelle il a griffonné : "Mauricio Castro, danseur, http://www.tangodiscovery.com". Voilà qui résume assez bien le personnage.

Ses cours de tango n'ont rien de conventionnel, à commencer par la musique. A la Galería de Tango, où il enseigne, on joue de tout sauf du tango : Aerosmith, Spinetta, Joaquín Sabina [groupe de rock et de pop argentin]. "La musique qui nous fait vibrer, ce n'est pas le tango, c'est autre chose", explique-t-il. Il a étudié la musique à l'université Berklee, à Boston, et danse depuis cinq ans. Beaucoup trouvent son style ravissant. D'autres y voient une trahison.

"Je me suis lancé dans le tango grâce à un ami qui avait trouvé l'argument massue : 'Si tu voyais les gonzesses, tu n'en reviendrais pas.' Du coup, je me suis précipité. Mais je me suis rendu compte que la danse me plaisait vraiment, car tous les jours j'arrêtais de danser à 4 heures du matin avec un boudin dans les bras et j'en redemandais." Il a fait la tournée des milongas, tout en travaillant à l'atelier de menuiserie de son père. Et, un beau jour, il a découvert que le tango ne se résumait pas forcément à copier une série de pas. "L'imitation tue l'expression individuelle. Ici, on cherche à faire en sorte que chacun exprime ce qui l'identifie le mieux à la danse. Mais ce que les gens ne comprennent pas, c'est qu'en son temps le danseur type c'était le fier-à-bras gominé. Un bon danseur, aujourd'hui, c' est autre chose... Un gamin de 18 ans gominé et en costard passe pour un ringard. La société a changé, et le tango est une composante de la société." Beaucoup de jeunes refusent les codes de la "milonga"

Tous les adhérents de Tango Discovery ne vivent pas en Argentine. Noel Strazza, par exemple, habite à Montréal. Mais ils n'ont pas besoin d'être tous au même endroit pour dispenser la bonne parole aux quatre coins du monde. Ainsi, César Coelho passe plus de la moitié de l'année en tournées internationales. Avec ses yeux clairs, ce grand gaillard de 22 ans est, de l 'avis général, un tigre dangereux sur scène. Depuis l'âge de 19 ans, il danse avec Forever Tango, une compagnie créée en 1995 à San Diego. "Dans le milieu du tango, on m'a mis l'étiquette de danseur moderne. Je faisais de la danse contemporaine et j'ai commencé à apprendre le tango à l'adolescence, avec mon père, qui est milonguero [danseur de bal]. Au début, je trouvais que c'était vraiment un truc de vieux. Moi, je faisais du basket, j'étais sélectionné dans un club, et je poursuivais mes études en lycée technique. Mes copains de classe se fichaient de moi. Aujourd'hui, quand ils me voient, ils sont soufflés."

Gabriel Missé a commencé le tango à 10 ans. Il en a aujourd'hui 22 et fait partie de la troupe d'Angel Zotto. Il y a encore deux ans, il allait au bal chaperonné par son père, sa mère, sa grand-mère et ses frères. Désormais, c' est sa fiancée qui l'accompagne. "Après toutes ces années passées dans les milongas, on mûrit très vite, car on est entouré d'adultes. J'ai arrêté le lycée parce que je passais toutes mes nuits au Michelangelo et je n'arrivais plus à me lever le matin. La dernière fois que j'ai touché un ballon, c' était il y a onze ans, car il faut que je fasse attention à mes jambes. Nous, les jeunes, nous sommes l'avenir du tango, mais bon nombre de jeunes refusent les codes de la milonga : ne pas parler ou mâcher du chewing-gum en dansant, inviter sa cavalière d'un signe de tête, respecter le sens du bal, dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, bien s'habiller. Il faut les respecter."

Lella Guerriero, paru dans "La Nación", Buenos Aires

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II - Rubrique «FABRICE LE BAROUDEUR»,

en goguette en Février 2008 (pour 1 mois) à Buenos Aires

(humour et second degré dans tout ce qui suit please)

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CHRONIQUES DE FABRICE A BUENOS AIRES

Episode 1, le 5 février,

"L'arrivée à Buenos Aires"

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Salut Eric

J'espère que tu vas bien.

Premier petit message pour donner de mes nouvelles des bords du Rio de la Plata.

Les choses se mettent en place doucement, tu me connais, je ne suis pas quelqu'un de pressé
Ca tombe bien, ici aussi ce ne sont pas des "furieux".

Hier, je suis allé acheter une paire de chaussure, superbe.

Et je commence à faire des repérages, pour trouver où se trouvent les pratiques dans le quartier.
Trouver un cours sympa et pas trop loin, je n'ai pas envie de traverser toute la ville pour une heure de cours.

Il y avait une initiation organisée hier soir à l'auberge, j'ai aussi dansé avec la prof, et un grand merci à ton enseignement car j'étais loin d'être ridicule, pas parfait bien sûr, mais je me suis bien débrouillé.

Merci aussi pour la technique de se concentrer sur les appuis de sa partenaire.

Ca fonctionne super bien, d'abord ça rend la partenaire à l'aise, çà rend la nana heureuse même, et puis ça permet d'oublier son stress, et donc les mouvement sont d'autant plus fluides et le plaisir d'autant plus grand.

Dans une heure, j'ai mon premier vrai cours dans un centre culturel de San Telmo,

Ça va je suis détendu et content d'y aller.

Bonjour à tout le monde et a plus tard

Fabrice

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MA REPONSE

Pour les cours, essaie éventuellement d'en suivre plusieurs, de grapiller, essayer.

Sinon, pour le cours d'initiation, c'est quand même totalement normal que tu n'aies pas été ridicule, tu n'es plus débutant loin de là!
A moins que tu ne parlais du fait de danser avec la prof elle-même?

La technique de se concentrer sur les appuis de sa partenaire est effectivement assez puissante.

Je vous l'avais déjà donnée mais j'ai trouvé utile/indispensable de te la redonner avant de partir.

Quand on n'a pas le feeling, qu'on est fatigué, pas en forme, que la partenaire vous surprend ou ne suit pas, quand on ne sait pas quoi faire, voire qu'on panique, revenir à çà est très utile.

2 autres techniques (également perso) existent d'ailleurs (qui reviennent aussi à se recentrer sur le ressenti):

- fermer légèrement les yeux suffisamment de temps pour retrouver les sensations
- davantage écouter la musique, et se laisser porter (d'autant que maintenant tu as la technique)

Aussi donc pour donner un maximum de confort à la danseuse voire donc pour rendre "la nana heureuse", c'est un gros témoignage (et du vécu apparemment) çà! (gros sourire)

Sinon, essaie, si tu prends 10 cours, d'en prendre 1 ou 2 sur la marche (en regardant des danseurs/professeurs qui marchent très bien à ton goût).
Et aussi d'en trouver 1 ou 2 spécifiquement sur le neo-tango, çà doit bien exister (puisque c'est ton fun).

Cherche des pratiques pour t'entraîner, te mettre en confiance, c'est clair, et commence par çà,

mais aussi des bals (mythiques) au moins pour aller regarder aussi, t'inspirer, et aussi pour aller danser (et oui) ... si tu te trouves une partenaire (puisque j'ai l'impression que çà t'est pour l'instant indispensable)
Ceci étant dit, peut-être que ton séjour à Bs As te permettra de passer ce cap.

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CHRONIQUES DE FABRICE A BUENOS AIRES

Episode 2, le 7 février

"Le premier bal"

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Hola todos

Le petit bébé tango ayant beaucoup marché...

...et étant impatient de dépuceler ses chaussures, je vais vous raconter mes premières expériences de cours et de milonga.

Il faut faire attention au business du "tourisme tangotique".

J'ai fait l'erreur de prendre une carte de 10 cours sans vraiment faire attention et sans regarder "la bête sur pieds" et bien je peu vous dire que j'en ai vue des bêtes sur pieds

- les Allemandes: bon on a l'impression quelles ont fait leurs classes dans les "Panzer Divisions"mais elles sont rigolotes et elles ne se prennent pas trop au sérieux

-Les Brésiliennes: elles sont génétiquement programmées pour remuer des fesses, mais au moins elles sont souples et légères comme des petits Colibris

- Les Anglo-Saxonnes, alors là j'ai du mal, car nonobstant le fait qu'elles prennent leurs premier cours d'initiation, elles se permettent de la ramener en étant persuadées qu'elles sont les reines du bal (God save the Queen)

Et moi au milieu de tout ce beau monde en train de me dire "mais qu'est-ce que je fous dans cette galère"

En conclusion, bien choisir ses cours, ne pas hésiter a en faire plusieurs (il y en a à en veux-tu en voila).

Souvent, il y a des cours organisés avant les milongas, donc se pointer un peu plus tôt pour voir le style d'enseignement.

Hier soir, j'ai été a ma première milonga, une vraie de vraie, superbe salon avec des lustres de cristal, un parquet que tu te vois dedans et un public de Monsieur Elégants et de Dames avec des Eventails, bon je ne vais pas vous raconter des histoires, j'ai pas été super brillant, mais heureusement, alors que j'étais telle un Caliméro de base en train de me morfondre devant mon café-cognac,

l'organisatrice de la milonga, Madame Gloria, une petite bonne femme toute ronde et marrante comme tout, qui a vécu 3 ans a Paris et parle très bien le français, est venue me tirer de ma dépression post plantage,

pour me dire que de toute façon, c'était une petite milonga de quartier entre amis et qu'il ne fallait pas que je soit trop impressionné, elle m'a invité à danser 3 petits tangos avec elle et après, çà allait beaucoup mieux: J'vais vous dire, çà fait du bien!

Ce soir il y a une pratique informelle dans le quartier, après les cours, je vais aller y traîner mes zapatos

Sur ce, portez vous bien, Amigos y Amigas, et n'oubliez pas

"Quand que çà crie, c'est que c'est vivant"

Hasta luego

Fabrice

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CHRONIQUES DE FABRICE A BUENOS AIRES

Episode 3
le 9 février

"La revanche de Caliméro"

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Hola Amigos

Mes chers frères et soeurs Tangeros permettez moi de vous mettre en garde contre la "fièvre acheteuse" qui nous guette tous ici, ce besoin compulsif de faire chauffer la carte bleue.

Personnellement, j'en suis déjà à ma deuxième paire de chaussures de tango, et j'ai des palpitations chaque fois que je passe devant un magasin de zapatos, je sens ma carte Visa qui palpite dans ma poche.

Et je ne vous parle même pas des C.D., qui coûtent entre 5 et 9 euros, d'ailleurs si vous avez des commandes à me faire, c'est le moment.

Sinon je vais vous raconter ma journée de Jeudi qui a mal commencé pour très bien se terminer.

D’emblée, je me suis fait poser un lapin par une prof (ou alors c'est moi qui me suis planté, ce qui est aussi possible), après je vais assister a un cours de Tango Alternatif,

et là attention les yeux, c'était tous des cadors de chez cadors, le plus mauvais d’entre eux me renvoyait à ma médiocrité tangohistique,

en plus, ils étaient tous en couple, du coup j'ai passé une heure et demi à les regarder en bavant, j'aurais eu ma partenaire je pense que l'on aurait pu s’en sortir, mais tout seul...

Je suis sorti de là, je commençais a l'avoir un peu raide, légèrement furax le père, soit je tombe sur des cours d'initiation pour touriste, soit sur des super pros, je commençais a ressentir une grande frustration de ne pouvoir remuer des arpions une bonne fois pour toutes.

Ne voulant pas en rester sur cette note désagréable je me suis rendu sans illusion au "Club Social y Deportivo General Belgrano" qui est une petite practica à côté de mon hôtel, et là çà été super, le grand pied, je dirais même le panard d'acier si vous me permettez cette expression.

D’abord une ambiance très chouette, très sympa sans stress, où tout le monde invite tout le monde, où les gens rigolent quand ils se plantent sur un pas.

Un public très varié (des jeunes et des vieux) que des gens du quartier qui se connaissent tous, mais sans être sectaire, une musique qui passait aussi bien des tango classiques que modernes et ce qui ne gâche rien une participation libre, «a la gorra», comme sur les quais de Seine tu donnes ce que tu veux dans un chapeau.

Je ne sais pas si c'était suite à ma grande frustration de tango, mais j'ai super bien dansé, aussi bien que les meilleurs soirs au "Chantier" avec Colette,

et alors le tango quand çà marche bien, c'est magique, cette sensation d'avoir une femme dans les bras qui répond au quart de tour à tes sollicitations,

qui s'abandonne jusqu’à devenir ta créature, je dis Total Respect, mais attention ce sont des "créatures" qui ont du sacré répondant, il y avait des "ganchos" qui claquaient comme des coups de fouets.

Il y avait un couple, qui ne faisait que de la marche (la Carmina), ils avaient pris "la corde" de la piste et ils en faisaient le tour, mais c'était avec un tel feeling et tellement juste que c'était magnifique.

La soirée s'est achevée vers 3h du mat avec une série de Chacareras endiablées, et la toute la salle s'est levée pour aller danser, avec un immense plaisir, tu sens que c'est vraiment une danse populaire, même plus que le tango qui a toujours un petit côté élitiste.

Sur ces bonnes paroles, chers frères et chères soeurs, je vous salue tous bien bas et n’oubliez pas:

"Gardez la tête froide et les zapatos au chaud"

Hasta Pronto

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Complément
"Sur le pouvoir d'achat"

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Eh oui ici comme partout le coût de la vie n'a pas diminué, quand j'étais venu il y a 3 ans avec 60 euros par jour, j'étais "le prince de la ville",

maintenant c'est un peu plus juste, mais çà reste largement raisonnable, surtout vue la qualité des produits et des services.

En gros, il faut compter à peu près 60 euros pour une belle paire de chaussures, le problème c'est qu'ils ont tellement de choix que l'on a envie de tout acheter.

Le "tango alternatif" c'est simplement le neo tango, ici Gotan Project fait un gros tabac.

Je viens de prendre un cours de travail corporel (yoga, étirement, un petit peu de danse contemporaine), ça fait du bien mais je suis moulu.

Il faut que je pense à aller me préparer, car j'ai rendez-vous ce soir avec peut-être une future partenaire dans une milonga très underground "la Catedral"

A+ tard

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COMPLEMENT
"Parlons technique"

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Pour répondre à tes interrogations, pour l'instant, ici, je fais plutôt un travail qualitatif, je bosse beaucoup les techniques de marche, le style milonguero, et le travail sur le guidage.

Hier ils m'ont fait faire tout un cours avec la main droite dans le dos, pour ne pas être tenté de m'en servir, pas facile.

Dans le cours de tango alternatif, on fait plutôt un travail très intéressant sur

- les techniques de "jambe libre"
- sur le rythme de "lecture" de la danse
- et sur la subtilité du poser du pied,
- ajouté a tout çà, tout le travail corporel,
- les techniques de respiration, et de relaxation

et tu auras je crois un panorama assez complet.

Il est encore un peu tôt pour tirer un bilan de ce voyage, mais je crois que plus que des progrès dans des nouveau pas, j'en attends plutôt une prise de conscience qualitative, de mes manques et des moyens d'y remédier.

Bien sûr, une des grandes choses positives pour moi, c'est le fait que je n'ai plus peur d'inviter des danseuses inconnues, quitte à me planter au bout de 2 tangos.

A+tard

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CHRONIQUES DE FABRICE A BUENOS AIRES

Episode 4
le 13 février:

"Comme au cinéma"

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Salut a tous

Le centre de Buenos Aires, dans la semaine, c'est un enfer de bruit, de pollution, et de circulation, heureusement, pour qui sait chercher, il est toujours possible d'y trouver un petit coin de paradis, comme celui qui se niche dans la cour d'un ancien couvent, dans la rue Reconquista, juste avant la rue Sarmiento.

Là, dans un joli petit jardin au calme, loin du bruit et du stress de la City, c'est l'endroit idéal pour boire un café cortado (p'tit crème) accompagné d'une agua con gaz, en plus il y a plein de chats qui savent y faire pour se faire gratouiller derrière les oreilles.

Sinon Dimanche après-midi, je suis allé danser à la milonga de la Confiteria Ideal,

endroit mythique pour qui a vu au moins une fois "la Leçon de Tango",

c'est une milonga typique de l'après-midi, avec une ambiance calme et familiale,

mais il y a de ces "tronches", rien que pour çà, çà vaut le déplacement,

çà va de celui qui se la joue "vieux beau" cheveux gominés et petite moustache a la Clark Gable, portant une chemise en satin noir, col "pelle à tarte" sur une veste de smoking blanche,

à celui qui a plutôt le look "canaille", pantalon large à bretelles, et qui danse le tango une main dans la poche, avec un air "gouilleux".

Tiens, puisque je parle "de mains dans les poches", pour l'instant ce voyage m'aura au moins permis de prendre conscience de mes faiblesses en matière de guidage, les premiers tango que j'ai dansés, j'étais tellement nerveux et peu sûr de moi, que je guidais comme une brute avec la main.

"Comment je me suis fait jeter", j'vous raconte même pas.

"Hé toi, le p'tit français, c'est quoi cette façon de nous malaxer le dos, tu nous prend pour des bourricots ou quoi! C'est nos grands pères qui guidaient d'une façon aussi "antique"".

Les Hommes, je me permet de vous donner un conseil,

la main dans le dos doit être la plus légère possible, c'est avec le buste que l'on guide, pas avec les doigts, la main doit être aussi souple qu'un papillon sur une fleur de nénuphar, ce sont des tourterelles, pas des T.Rex, faites-les souffrir et elles vont s'envoler.

Il ne sert a rien de vouloir
"formater" une danseuse, c'est à vous les mecs de vous hisser à son niveau et de savoir lui faire apprécier votre style, soyez respectueux de vos partenaires

et elles vous le rendront en grâce et en beauté, essayez de les contraindre et vous aller vous prendre un certain nombre de coup de talons dans les tibias, les hommes.

En bref et pour terminer, hier soir, nous sommes allés à "la Catedral, "un autre lieu mythique du tango underground, c'est un peu comme "le Chantier" à Montreuil, en plus grand et en plus chantier.

Là, nous avons dansé sur du Narcotango, du Gotan Project et d'autres merveilles, un pur moment de bonheur, en plus vers 2h du mat’, Pablo Villarraza et Dana Frigoli ont fait une démonstration, je n'aurais qu'un seul mot "Magique".

Sur ce, portez-vous bien, dans un prochain courrier, je vous parlerai des codes à respecter dans une milonga traditionnelle:

Et comme dirait l'autre "L'oignon fait la farce"

Abrazo a todos, hasta la proxima

 
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CHRONIQUES DE FABRICE A BUENOS AIRES

Episode 5

"Petit dimanche tranquille a San Telmo"

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Bonjour à tout le monde

Ce matin, je me suis réveillé plutôt tout doux/câlin, il faut dire qu'hier j'ai eu une superbe journée tango.

Cà a commencé par 3 heures de pratique à mon école dans l'après-midi, un petit break d'une heure, juste le temps de griller quelques clopes en buvant un café con leche, et j'ai enchaîné sur un cours d'une heure et demi de tango electronico,

et le soir ne voulant pas aller me coucher comme un chacal, j'ai été un peu traîner dans les milongas du coin, j'ai notammant redansé sur "Tango para Evora" bon dieu il est tellement beau que j'ai failli en pleurer.

""HOMMAGE" A LITTERATURE FRANCAISE DES 30-40 DERNIERES ANNEES"

et ... 2nd degré please pour tout le § qui suit:

"Je ne me reconnais pas moi-même, ici, je suis vraiment un coyote, je danse avec tout ce qui bouge, pas de scrupules, je les invite toutes à danser, "les jeunes, les mères de famille, les vieilles édentées, les grandes à petit cul, les petites à gros seins", je ne fais aucune distinction d'âge, de physique ou de niveau, "pas de quartier, no pasaran", et à toutes, j'essaie de donner du plaisir, hé oui c'est moi le Saint-Nicolas de la parada, le Chico du boleo".

FIN ... "D'HOMMAGE LITTERAIRE" ;-)

Donc du coup, ce matin je me sentais pas vraiment ultra-violent, çà tombe bien, car le dimanche Buenos Aires est super calme, sauf le quartier de San Telmo (où j'habite) qui est un peu animé, car il y a une espèce de marché aux puces.

Mais bon j'ai repéré quelques coins tranquilles à l'ombre, à l'abri des touristes, où je peux me réveiller doucement à petits coups de cafés cortados, jusqu'à ce que vienne l'heure d'aller manger un plat du jour dans une de mes petites cantines.

Puis c'est retour à l'hôtel pour une petite grosse sieste bien méritée et re...

...vite arrive le temps de passer un coup de cirage sur mes zapatos et de choisir dans quelle practica je vais aller commencer la soirée.

Le dimanche sur San Telmo, il y a plein de practicas et de milongas gratuites, il y a bien sûr celle de "l'Indio" sur la plaza Dorrego, c'est en plein air, c'est sympa, mais outre le fait que le sol est vraiment dur, tu as un peu l'impression d'être une "bête de foire", car c'est un haut lieu touristique.

Il y en a une autre que j'ai repérée au centre culturel de la Plaza Defensa, je crois que je vais aller y faire un tour.

Ce qui est sûr de toute façon, c'est que je terminerai la soirée a la milonga El Tasso, où tous les gens du quartier viennent danser et où c'est vraiment sympa:

Comme vous le voyez mes amis, ma vie ici est un enfer, vivement que je revienne sur Paris car je ne sais pas si je vais tenir le coup.

Je vous embrasse tous et toutes, comme dirait Le Grand George

"sans technique, le talent n'est rien qu'une sale manie"

Sur ce, portez vous bien

Hasta la Proxima

NB: à moins que ce ne soie «sans travail, le talent n’est qu’une sale habitude»

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COMPLEMENT
"A propos des appuis"

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Une première chose, quand je parle du "Grand Georges", il s'agit de George Brassens, qui avait donc cette phrase dans une de ses chansons à propos d'une fille qu'il avait prise sous son aile et à qui il apprenait les techniques du métier de "fille de joie".

Suite à un de tes mails où tu me parlais du guidage par les appuis,

je me suis un peu concentré sur la question, et c'est vrai que cela fonctionne super bien, en fait je me suis rendu compte que pour certains pas, je m'en servais sans même en avoir conscience, un peu comme Monsieur Jourdain faisait des rimes sans le savoir.

Donc maintenant que je me suis aperçu de la chose, je vais pouvoir y travailler encore plus cette semaine.

Sinon, j'arrive a peu près à m'en sortir dans le guidage "horizontal"de mes partenaires, mais j'ai encore beaucoup de mal à leur indiquer des mouvements verticaux, pourtant les porteñas adorent lever la jambe très haut, ou faire des boléos arrières en démarrant très bas sur le sol.

De toute façon, plus j'en apprends, plus je mesure le chemin qui reste encore à parcourir.

Comme tu le disais toi-même, le guidage c'est un chemin infini, ce qui tombe bien pour un besogneux comme moi.

La semaine prochaine commence le Festival International du Tango, avec plein de concerts gratuits et des démonstration de différentes écoles, dont la mienne (D.N.I).

Je suis quand même très impatient de retrouver Colette et de voir si je pourrai appliquer les choses que j'apprends ici.

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CHRONIQUES DE FABRICE A BUENOS AIRES

Episode 6

"Amores Porteños"

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Hola todos,

Les porteños sont vraiment des gens agréables à vivre, nous autres parisiens, nous aurions quelques leçons de politesse et d'amabilité à recevoir de leur part.

Les argentins sont des personnes cultivées qui aiment lire, qui apprécient le théâtre et la bonne musique, en plus ce sont des gens extrêmement serviables qui vous renseignent toujours avec plaisir, personne ne vous bouscule dans la rue ou dans le métro (sauf aux heures de pointe) et tu ne verras jamais comme a Paris, un "petit con "affalé sur son siège pendant qu'il y a une personne âgée debout.

Si tu rencontres une personne 1 ou 2 fois, celle-ci se rappellera de ton nom et n'hésitera pas à traverser la rue pour venir te faire un abrazo fraternel.

De plus, il y a quelque chose de vraiment agréable pour moi, c'est qu'ils ne sont pas gonflants, ils sont respectueux de ton besoin d'intimité, il ne poussent pas à la dépense, tu peux aller traîner dans un magasin, sans avoir un vendeur sur le dos et tu seras très bien reçu, même si tu n'as rien acheté, non, non, moi je dis «total respect».

Il y a quand même une question existentielle qui me perturbe:

"Comment les porteñas font-elles pour dormir sur le ventre, avec les seins qu'elles ont?"

Non, franchement, je n'arrive pas a comprendre comment il peut y avoir autant de grosses poitrines dans le coin, c'est peut-être dû à l'alimentation, à la viande de boeuf qu'ils s'enfilent au kilo, mais l'Argentine c'est vraiment "le pays des gros lolos".

Bon, pour parler un peu tango, sachez mes amis que tout va bien, j'ai pris mon rythme de croisière et j'ai vraiment l'impression d'apprendre des trucs, enfin, de travailler ce que j'étais venu chercher.

Hier comme tout les samedis, c'était une grosse journée, il y avait notamment un concert avec démonstration des profs de l'école D.N.I. (excellente école),

suivie par une bonne petite milonga entre potes, j'ai beaucoup dansé, notamment avec une amie vénitienne qui est aussi danseuse contemporaine

et alors quand l'alchimie se fait, c'est vraiment magique, quand vos deux corps sont en osmose, que vos deux souffles sont parfaitement synchronisés, vous respirez sur le même tempo, elle a confiance.

Pour tout vous dire, j'ai même eut une légère érection, ce qui en soit est plutôt agréable, mais peut se révéler gênant quand l'on change de partenaire.

Non, sérieusement, le Tango c'est beau, pour moi c'est la sensualité sans le sexe, c'est l'érotisme sans les "petits matins glauques", bref c'est le grand bonheur.

J'entame ma dernière semaine ici, je vais tâcher d’en profiter au max, mais bon, les meilleures choses ont une fin, et vous me manquez quand même tous un peu.

La petite phrase du jour nous vient de Tonton Eddy (Mitchell) et est assez à propos je trouve

"Pas de boogie woogie avant les prières du soir, Hoooo Yeah"

Portez-vous bien, mes amis, abrazo a todos

Fabrice

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III - CHRONIQUE "ANNE A BENOS AIRES"
 
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CHRONIQUE "ANNE EN ARGENTINE ET A BUENOS AIRES"
MOIS DE MARS 2009

PART 1

"Premiers pas"

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ola !

bon çà y est, je l’ai fait. ma première milonga dans laquelle je suis allée a 1 heure du mat’ parce que j‘avais papoté avec des non pratiquants:

bref c’était sur San Telmo, au Dandy, recommandé par Fabrice, et puis à deux pâtés de maison l’hôtel donc « una ida et vuelta » (je traduis un aller et retour) à pied..

J’AVAIS FAIT UNE PROMESSE: AMENER MES premières chaussures là-bas, celles toutes usées qui m’ont accompagnée dès les premiers pas et les premiers pivots timides:

donc à trois, nous voilà à une table, une table de tanguera seule, et là je découvre les invitations au regard des gens. Beaucoup de quinquas assortis au décor stuc. pas question qu’on se rapproche pour inviter. on n’échange pas un mot!

çà n’empêche pas les discussions sur pistes, curieusement, entre les morceaux, çà commente:

et là, j'ai la grosse pensée . je suis un bébé tango Moquard (bébé tango Eric je préfère), alors on tient tout et on suit attentivement...

et çà s’est bien passé, exceptée la découverte de la tendance à être serrée, voire étouffée, çà c’était pénible, comme si on n'avait pas trop de droit de respirer, "el hombre dirige"... je vais voir si c'est toujours çà ou si j’ai eu les specimens dans cet endroit. C’est pénible car comme çà, je sens qu'ils m'attaquent l’axe, et qu'il faut lutter au lieu de danser...

un geste sympa, ma voisine de table, tanguera vers la cinquantaine à laquelle je raconte que ce soir, est unique, première milonga portègne, le regard est captivé par l’ambiance, va dire à un danseur la chose: et voilà l’invite.

L’argentin , évidemment, un superbe hidalgo les cheveux noués, ... prof de tango qui me le dit après quelques tangos: et là çà sentait le prof qui testait, çà commence simple et puis çà tourne dans tous les sens, et vas-y que je vérifie si la jambe est libre, et si tu sais faire des jolis pliés, une fois après avoir bien testé l’axe, si tu regardes en bas, c'est la panique assurée.

à la fin, il m’a dit que c’était "muy bien" (les argentins sont gentils, on est a mille lieues de certains C.. du Rétro):

voilà !

un premier saut émouvant, moins impressionnée par le niveau des danseurs de l’endroit que par le decorum, et les symboles partout: je pense que j’aurai d'autres expériences de danse plus épanouissantes !

et puis, mes zapatos toutes usées sont rangées à l’hôtel à côté de deux autres paires (ben oui, j ai craqué) que je "ferai" en cours, vu leur patin en peau tout neuf qui m’effraie un peu, et puis, il faut qu’on fasse connaissance avant d’aller faire des pivots avec des inconnus, non, mais !

je suis bien partie pour rester sur Bs As, vu le temps maussade dans le Nord et puis c’est sûr, l’aventure vient tout juste de commencer, je vais en voir de toutes les couleurs...

Anne

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REPONSE BIBI

Salut Anne,

et cool tes premières impressions

je ne m'attendais pas à ce que, baroudeuse comme tu disais l'être, tu aies et prennes le temps de nous écrire

mais en tout cas, çà te fait un point de repère, même au-delà des continents

sinon, un bébé tango ... Eric

(et maintenant ado)

je préfère ;-)

j'ai l'impression que le test de l'hidalgo s'est plutôt bien passé

et surtout que tu es rentrée de plain pied dans une atmosphère qui n'a rien à voir avec celle de Paris

là où le tango est presque une religion, en tout cas quasiment un art de vivre, mais également de se comporter, un moyen ou même un instrument de convivialité (et non de repli sur soi)

sinon, là-bas, ils peuvent te faire des compliments (quand ils sont mérités) déjà parce qu'ils ... savent bien guider, ainsi qu'apprécier les choses à leur plus juste valeur

-

mais sache aussi que si tu "la ramènes un peu trop" (ou si tu vas direct dans des endroits "moins humbles"), les argentins n'hésiteront pas à te la rabattre

"le tango, aux argentins" n'étant, dans certains lieux plus "côtés", surtout pas un vain mot

-

sinon, question, quand tu dis que les danseurs de l'endroit "t'attaquaient l'axe", c'est qu'ils le soumettaient à rude épreuve (en te testant de plus en plus) ou qu'ils ne faisaient pas trop attention (voire pas du tout)?

-

enfin, tu m'autorises à le mettre dans la prochaine newsletter et/ou revue d'effectifs (j'enlève juste les quelques coquilles)?

voire à le publier sur un de mes sites (faut juste que je trouve de ... la place par contre (mort de rire))

-

très bonne suite

et à+tard pour les nouvelles aventures d'Anne (Rir2Raf) à Bs As

Eric

-

P.S. Evidemment, t'hésites surtout pas si t'as des questions (surtout ... angoissantes ;-)) suite à tes expériences, à me poser

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CHRONIQUE "ANNE EN ARGENTINE ET A BUENOS AIRES"

PART 2

"ouh là là, la baffe"

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salut Eric

pas de problème pour la chronique: pour ce qui suit je te laisse apprécier....

là, je t’écris de Cordoba après bus de nuit. donc break côté tango.

côté tango, je ne suis pris une baffe la dernière fois

OULALA.... C’EST simple, j’étais tellement abattue que je t’aurais bien écrit en sortant de la practica ou plutôt en la fuyant au bout d une heure... - mais pas d’internet ouvert)

je ne la ramène pas, mais alors pas du tout, c'est juste l’impression que je ne sais pas du tout danser ici, serré, milonguero, la seule chose où j’avais de la confiance et de l’attention à savoir mon axe, il est plus perdendiculaire au sol et je ne peux plus regarder épaule et buste du danseur puisqu’ils se collent avec leur tête.... je m’emmêlais donc les pieds comme jamais, une cata... envie de fuir...les boules...

ils sont gentils, mais ad je me suis excusée en disant ce pourquoi j’étais perdue,

il y a un cabello qui a dit étonné

"mais le tango çà se danse comme çà, serrés, l’autre c'est bon pour la salsa..."

je me suis dit que j’avais pas appris la même chose: en regardant les danseurs cosmopolites, ils sont rares a être en semi milonguero. celui qui m'a donné un peu d’air était américain.

bref là, çà a été plaisir zéro et doutes existentiels d’avoir osé acheter des chaussures ....

une tanguera allemande m’a dit que j’avais appris l’european tango avec hauteur: çà condamne à ne danser qu’avec ceux de sa taille:

hier je pensais aller a la practice de DNI l’école que Fabrice aime bien, et puis je me suis baladé à la place, j'avais pas encore envie de me prendre une baffe, ne pas arriver à danser et partir au bout d’une heure

d’accord j’ai été voir le musée de Carlito... c'est pas mon genre: évidemnent, je regarde, je n’ai pas par contre la l’impression de ne rien reconnaître,

ouf ! ; o )

c'est tout de même dur car la musique est toujours aussi belle et envoûtante .....

donc je remonte dans le Nord pour sortir découvrir autre chose, çà a l’air tellement beau,

et notamment voir si les gens sont aussi sympas car j’ai été conquise par la gentillesse portègne qui fait que je pratique mon espagnol studieusement Assimilé laborieux, mais çà me permet de parler un peu, d’avoir leurs conseils et des échanges souriants et déjà des bons souvenirs au coin de la rue

yes

Anne

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REPONSE BIBI

Salut Anne,

oui, c'est pour çà que je te disais de ne pas hésiter à écrire

et désolé si j'ai mis un peu de temps avant de répondre

mais écrire à quelqu'un (qui comprend ce genre de trucs (alors que ta famille ou tes proches ne le peuvent pas))

permet souvent de commencer à évacuer ce genre de trucs

et une fois écrit, hop çà passe

en tout cas de commencer à trouver un sens plus précis à ce que tu as ressenti, éprouvé, vu, entendu

ce d'autant que je peux t'apporter des éléments de réponse (et de même pour Fabrice)

qu'est-ce que tu appelles en l'occurrence semi milonguero?

ou peut-être veux-tu plutôt dire qu'il sont en fait rares à être en semi-milonguero (donc à te donner un peu d'air)


oui, ce que je n'ai pas eu le temps de te dire, puisque tu n'es pas trop venue les dernières semaines avant ton départ...

c'est qu'il peut y avoir autant de tangos que ... d'endroits

et que chaque endroit te dira que le tango c'est comme çà

chaque endroit a sa propre vérité, sa propre histoire, ses propres pratiquants

c'est ce qui peut être assez perturbant quand on ne s'y attend pas (ou même pas du tout)

si tu vas dans un endroit plus jeune, ce sera plus jeune, donc çà dansera en jean, mal habillé, en se tenant (plus ou moins) mal, en dansant ouvert, sur des musiques plus récentes, et tu te sentiras a priori mieux

si tu vas dans un endroit où çà danse plus chorégraphique, style démo, ce sera donc plus chorégraphique

si tu vas dans un endroit où çà ne danse que milonguero, comme en plus, t'aimes pas trop çà, "t'es ... morte" ;-)

il y aussi sans doute des endroits où çà danse ...mal (sourire) entre vieux qu'ont jamais pris de cours et qui pratiquent en gros une espèce de tango de guinguette (mais en pas bien du tout)

et ces endroits ne communiquent pas trop entre eux

des univers quasi parallèles

avec chacun leurs vérités

qui t'accueillent souvent avec des vérités définitives

et ne sont pas toujours très accueillants pour les étrangers (ou en tout cas pour leur égos)

(avec souvent en toile de fond, un peu toujours le même leitmotiv, ou idée sous-jacente, plus ou moins insidieux(se) "le tango argentin aux argentins", et toi l'étranger, "tu ne la ramènes pas trop", ce qui est d’ailleurs aussi un peu normal)

c'est sans doute pour çà qu'il vaut mieux (en tout cas pour toi) chercher des endroits qui te conviennent

plus débutants

plus avancés

plus ouverts

plus milongueros

plus fantasias

plus nuevo

qui te seront plus adaptés selon ton niveau, selon ton style,

mais aussi selon ton envie ou ton humeur du moment

-

En guise de conclusion

fais gaffe (pour ton ego) aux endroits où tu vas (je parles en termes de tango, pour le reste...)

si tu vas dans un endroit où çà ne danse QUE milonguero, et en plus à l'ancienne (serrés, sans liberté), tu seras nécessairement désorientée, voire tu te sentiras carrément mal


mais tu peux y aller un jour où tu as envie de faire des expériences (mais vas alors plutôt dans une pratique, plus débutante, tu seras moins larguée et moins le moral à plat, si çà se passe un peu moins bien)


où tu peux également en profiter de ton passage là-bas, justement pour prendre des cours ... milongueros

et tu me (nous) raconteras ;-)


aie enfin à l'idée que certains argentins ne dansent pas si bien que çà ou même pas bien du tout

(pourquoi danser si serrés?, et ainsi ne quasiment pas pouvoir bouger, je suis certain qu'il y a plein d'argentines qui n'aiment pas çà, ou pas tant que çà, et en tout cas, les européennes, très très souvent, n'apprécient logiquement pas)

voire, pour certains, ne dansent pas du tout

donc ... çà doit aussi te permettre de relativiser tout çà


sinon, ne t'inquiète pas

les mauvais souvenirs (ou plaisirs) partiront

alors que les chaussures, elles, elles ... te resteront ;-)

quand tu iras ailleurs

ou quand tu reviendras à Paris


sinon, hum, tu ne peux pas trop danser milonguero non plus avec un petit

il ne faut pas rêver

dans le genre "vérité définitive" assénée de manière péremptoire et définitive, çà se pose un peu là...

tu as appris le tango avec ... l'équilibre et plus de liberté (lol)

et le milonguero aussi (mais comme t'aimes pas trop çà et que t'es pas une fana ;-))

enfin oui, Carlos Gardel, c'est et çà reste quelque chose, même 80 ans après

monumental

ERIC

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CHRONIQUE "ANNE EN ARGENTINE ET A BUENOS AIRES"

part 3

"Merci pour le décryptage"

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salut Eric,

merci beaucoup de cette précieuse et détaillée aide au décryptage !

tu traduis très bien ce que j'ai pu voir, et ressentir sans comprendre tout.

çà me confirme qu'il n'y a rien de dramatique, la frustration de ne pas arriver à danser étant passée:

Fabrice aussi m’a fait un retour explicatif très sympa, et bourré d’optimisme: comme tu le dis, dur de pouvoir en discuter avec quelqu’un qui n'a pas connu çà.


J'avais choisi tout de même pour mes trois sorties, trois lieux dans la liste de ceux que Fabrice aimait bien.

pour le dernier comme je lui ai écrit, j'ai été surprise que ce ne soit pas néo tango, comme c’était annoncé: tu vois, c’est pas faute d’avoir essayé de trouver un endroit qui correspondait !!!

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En attendant de me replonger dans le tango, je poursuis mon périple. je déguste le vin de San Juan et me fait le Parc d’Ischigualasto demain.

J’improviserai a la gare routière demain soir pour la suite:

merci encore beaucoup de ton mail

Anne.

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CHRONIQUE "ANNE EN ARGENTINE ET A BUENOS AIRES"

PART 4

"Un pur moment de plaisir"

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salut Eric !

Le tango est parfois là où on ne l'attend plus et le hasard m'a fait un clin d oeil il y a quelques jours dans une petite ville du Nord, a Jujuy...

alors que je savourais en me baladant l'idée d'avoir rendez vous avec un biffe de chorizo incroyable, c'est a dire juste argentin, j'ai été attirée par des notes de tango qui retentissaient sur le petit kiosque de la place de l'Indépendance...

Et là, évidemment, je file droit au but et je découvre une petite milonga en plein air, une poignée de personnes,....

mais quels danseurs ! et ils faisaient respirer leurs abrazos ... une ambiance de Quais de Seine, des gens du coin qui regardent, une bonne ambiance généreuse:

je me plante là et du coup on me demande si je danse... oh que oui, juste je temps de courir à l'hôtel prendre les chaussures car je suis en tongues.

Chaussée, de suite sur piste et là quel plaisir !!!!! ils ne m'écrasent pas le dos et je tourne , et je suis... après un premier tango, mon danseur (9 ans de tango) me dit que je danse bien, est étonné:

les deux autres après pareils: ils me remercient vraiment, ils sont contents ! et quels danseurs, des planeos superbes, ils font des ganchos comme on marchent, c'est sûr qu'il ne faut pas les déséquilibrer ni regarder en bas !!!

ceux qui dansent a Jujuy sont un petit nombre mais ce sont des accrocs... une superbe jeune danseuse fait des volcadas magnifiques:

on papotera ensemble ensuite et elle me dira pratiquer depuis 10 ans... et me dira que ses habituels tangueros lui ont dit que je suivais vraiment bien:

la question, c'est "mais tu as appris où ???"

en apprenant mon temps d'apprentissage, je ne résiste pas au plaisir de te répéter ce que m'a dit l'un d'eux.

"et bien, t'as vraiment un bon prof! il s'appelle comment?? ah Enrique, esta muy buen professor!!!"

autour il y a des gens du coin qui applaudissent:

vraiment un superbe moment convivial, avec des gens qui vivent leurs tangos préférés avec le coeur qui bat et qui ont envie de partager çà en invitant la mère de famille pour partager çà.

voici le petit lien internet du lieu

http://www.plazasdetango.blogspot.com/

lieu d'autant plus magique car il m'a réconcilié avec le tango et les argentins, confirmation nous arrivons à nous retrouver, c'est bien ce que j'ai appris!

Je tenais vraiment à te raconter tout çà !

Là je passe mes deux dernières soirées sur Bs As, vais faire un petit tour en milonga, mais quels que soient les futurs tangos, je suis rassurée intérieurement !

Anne

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REPONSE BIBI

Salut Anne,


comme quoi, je te disais, tout dépend vraiment de l'endroit

chaque endroit a son propre tango

comme chaque personne a, porte et emporte son propre tango en elle-même

et de fait, tu sembles danser mieux quand ...

... tu danses avec ... de bons danseurs

et encore mieux quand tu danses avec de très bons danseurs


à méditer pour nos amis "étouffe-danseuses"

qui semblent n'avoir aucune idée de ce que sont équilibre,

liberté, ou encore espace et mouvement d'une danseuse

et qui leur assènent et leur font subir sans sourciller

tout le poids de leur suffisance

ainsi que bien entendu de leurs insuffisances


sinon, je vois que de

- Profesor de la Escuela de Tango Eric (selon Fabrice),

- je suis ensuite devenu récemment "père des bébés tango ... Moquard" (Anne V),

- puis maintenant Enrique (pour nos amis argentins ;-))

c'est amusant


ceci étant dit, je pense aussi que tu étais particulièrement en forme et bien disposée après ton périple dans le Nord de l'Argentine où tu as du t'en mettre plein les mirettes, ainsi qu'emmagaziner des souvenirs pour des années


ce qui confirme aussi que quand tu es en jambes, avec de (bons) danseurs qui respectent ton équilibre, ton axe ou même simplement ton espace et ton mouvement (ou en ont simplement ... conscience), tu peux désormais faire face à peu près à tout ce que tout bon danseur t'intime


voili-voilou

la suite au prochain épisode

mais pense toujours (quand çà va mal) que le tango ce sont des hauts et des bas, des bonnes surprises et des moins bonnes, des sautes de moral parfois terribles ce parce que visiblement le tango, surprenamment engage (et questionne?) visiblement la personne tout entière

très bonne suite et à+tard

Eric

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CHRONIQUE "ANNE EN ARGENTINE ET A BUENOS AIRES"

PART 5

"A la Confiteria Ideal"

ou

"un Zoo Ideal"

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salut Eric,

autre expérience portègne tango sociologiquement intéressante hier, pour la chronique, qui te ferait peut être hausser les sourcils si tu as de beaux souvenirs en ce lieu:


hier soir, fourbue, je me suis tout de même motivée pour voir le lieu mythique de la Confiteria Ideal, le décor de milonga parfait, désuet, celui des films de tangos qui font qu'on imagine une milonga portègne dans un décor tout de boiseries...

j’étais très curieuse de le voir car en entendant parler, il y avait toujours un bémol dans les discours.

Dans le guide du Tango a BA de Fabrice, au fil d’une description émouvante du lieu,

je lis tout de même, qu’il y a un côté un peu kitsch, très touriste, et dans la liste de Fabrice, cette phrase superbe

"superbe, à voir au moins une fois pour les tronches...." qui emporte ma décision de voir çà.

oui c'est sûr, cela valait vraiment d’être vu : des quinquagénaires archi-fardées qui osent les robes olé olé, fort courtes, des dos nus aux dos défraîchis, des petits bonhommes qui dansent avec, pressés tout contre plutôt que dansant.

Un couple fait des figures et la cavalière a autant de tenue qu'une poupée de chiffon, lève les pieds flexes à chaque fois,

on a l'impression qu'elle n’en peut plus et suit contre son gré, une guimauve tanguera le tout avec une mine hautaine... incroyable.

parce qu'en plus, l’ambiance n’est guère à la modestie, même si c'est pour les yeux un tango pas terrible. Cà se rentre dedans souvent...

l’ambiance n’est pas très chaleureuse, chacun son groupe, les quinquas aux courtes robes sont à l’affût du gibier.

les touristes brésiliens, ou d’ailleurs, des couples...

ce soir-là, à mon sens, les portègnes ne sont guère les plus nombreux.

à quelques exceptions près, çà sent la session des 10 cours à Buenos Aires.

Invitation vers la fin du tango, le bordel pour s’asseoir, là, les règles de la milonga se sont effacées pour le touriste qui veut se donner un genre ("yes, I danced tango in this great amazing place...")

le danseur qui marche à défaut de danser, serre évidemment, mais pas de ces marches qui font vivre le tempo du tango, non, plutôt la marche du tango des 10 cours...

seul rattrapage, à un moment un orchestre se met à jouer, et là, la magie de la Cumparsita sous le plafond de la Confiteria Ideal, c’est quelque chose que même le zoo idéal de ce soir-là n’arrive pas à avoir fait totalement disparaître.

Ouf....

Anne

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REPONSE BIBI (laconique)

"oui, un bestiaire absolument édifiant!"

 

 

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tango-eric-bonus
03/05/07